La littérature de voyage s'est toujours nourrie d'exotisme chez les Occidentaux. Mais Isabelle Idali-Demeyre, écrivain et journaliste française, a rompu avec cette tradition européo-centriste en visitant l'Atlas marocain.
Pendant une année, elle a vécu parmi les tribus berbères, partageant leur vie et tous les tracas d'un quotidien pas toujours évident pour une ressortissante française. Tout au long de ce récit de voyage édifiant au cur de la berbérie, le lecteur sent que l'auteur a troqué ses préjugés mâtinés de culture européenne contre l'il de la caméra objective soucieuse de témoigner et de faire toucher aux lecteurs une réalité expurgée des clichés qui font rappliquer la horde des touristes, avides de sensations fortes.
Elle essaye de parler des premiers habitants de l'Afrique du Nord et des tribus qui y habitent sans verser dans la compassion paternaliste, en donnant des repères historiques qu'oublient souvent de mentionner les dépliants des tours-opérateurs. «Les Chleuhs» de l'Atlas, remarque-t-elle, ignorent tout de leur histoire. Elle ne manque pas de parler de sa gêne devant cet état de fait. L'analphabétisme en milieu rural au Maroc est un problème effarant. La scolarisation des enfants est quasiment nulle. Les distances pour rejoindre quelques écoles disséminées ici et là sont le premier facteur décourageant.
Ensuite, elle revient sur les problèmes de santé. Là aussi, le manque de moyens de transport et l'indigence des hôpitaux marocains exposent ces tribus à une mort facile. Isabelle Idali-Demeyre va jusqu'à accuser les autorités marocaines d'avoir fait de cette partie de leur pays un produit touristique qui se vend au rabais. La preuve : tous ces dispensaires de santé ambulants qui suivent à la trace les groupes de touristes et qui décampent dès qu'ils sont ailleurs. Mais ce qui revient le plus dans ce carnet de voyage, ce sont les « ahouach », des danses et chants traditionnels.
Un rite accompli par les Berbères qui vivent au rythme du calendrier agraire ancien, à l'occasion des actions de solidarité. Il devient un facteur de rapprochement, un acte de socialisation par les alliances matrimoniales qui peuvent se nouer et une célébration joyeuse et ludique de la vie communautaire, malgré un environnement hostile. Isabelle Idali-Demeyre a réussi à faire sortir de l'anonymat des tribus sacrifiées sur l'autel du faste frelaté de Marrakech.
Ahouach, quatre saisons chez les Berbères, par Isabelle Idali-Demeyre, aux éditions de l'Aube
Pendant une année, elle a vécu parmi les tribus berbères, partageant leur vie et tous les tracas d'un quotidien pas toujours évident pour une ressortissante française. Tout au long de ce récit de voyage édifiant au cur de la berbérie, le lecteur sent que l'auteur a troqué ses préjugés mâtinés de culture européenne contre l'il de la caméra objective soucieuse de témoigner et de faire toucher aux lecteurs une réalité expurgée des clichés qui font rappliquer la horde des touristes, avides de sensations fortes.
Elle essaye de parler des premiers habitants de l'Afrique du Nord et des tribus qui y habitent sans verser dans la compassion paternaliste, en donnant des repères historiques qu'oublient souvent de mentionner les dépliants des tours-opérateurs. «Les Chleuhs» de l'Atlas, remarque-t-elle, ignorent tout de leur histoire. Elle ne manque pas de parler de sa gêne devant cet état de fait. L'analphabétisme en milieu rural au Maroc est un problème effarant. La scolarisation des enfants est quasiment nulle. Les distances pour rejoindre quelques écoles disséminées ici et là sont le premier facteur décourageant.
Ensuite, elle revient sur les problèmes de santé. Là aussi, le manque de moyens de transport et l'indigence des hôpitaux marocains exposent ces tribus à une mort facile. Isabelle Idali-Demeyre va jusqu'à accuser les autorités marocaines d'avoir fait de cette partie de leur pays un produit touristique qui se vend au rabais. La preuve : tous ces dispensaires de santé ambulants qui suivent à la trace les groupes de touristes et qui décampent dès qu'ils sont ailleurs. Mais ce qui revient le plus dans ce carnet de voyage, ce sont les « ahouach », des danses et chants traditionnels.
Un rite accompli par les Berbères qui vivent au rythme du calendrier agraire ancien, à l'occasion des actions de solidarité. Il devient un facteur de rapprochement, un acte de socialisation par les alliances matrimoniales qui peuvent se nouer et une célébration joyeuse et ludique de la vie communautaire, malgré un environnement hostile. Isabelle Idali-Demeyre a réussi à faire sortir de l'anonymat des tribus sacrifiées sur l'autel du faste frelaté de Marrakech.
Ahouach, quatre saisons chez les Berbères, par Isabelle Idali-Demeyre, aux éditions de l'Aube
