POÉSIES EN DIALECTE DU SOUS MAROCAIN,
Daprès un manuscrit Arabico-Berbère
Publiées et traduites par : L. JUSTINARD
I- Notice et sommaire:
Le manuscrit dont on donne ici la traduction, apporté à Tiznit en 1919 par le Chérif Moulai Aomar d'Ouijjane, est I' uvre dun taleb des Ida ou Bakil. Cette grande tribu berbère qui s'allonge à I'Est de Tiznit depuis la plaine d'Azaghar jusqu'à la crête de I'Anti-Atlas, fait partie de la confédération des Ida Oultit, de même que la tribu voisine des Ida ou Semlal.
Le dialecte chleuh de ce manuscrit est donc très spécialement celui des Ida ou Semlal pour lequel nous possédons un instrument d'étude incomparable dans le vocabulaire français-arabe de M.Destaing. En souhaitant ici que le savant professeur de l'école des langues orientales vivantes puisse nous donner I'étude densemble dont ce vocabulaire est la première partie, on exprime le voeu unanime de tous ceux qui s'intéressent aux études berbères.
Au Maroc, ces études, poussées très activement depuis les débuts de l'occupation française, ont fait un immense progrès. Tous les dialectes ont été l'objet de travaux spéciaux grâce auxquels leur étude est main tenant chose facile.
Mais 1'étude d'une langue n'est pas seulement un but. Elle doit être aussi un moyen. Une langue n'est pas seulement une mécanique curieuse à examiner. C'est une clef qui doit servir à ouvrir une porte. La connaissance des dialectes berbères devrait nous servir de plus en plus maintenant à connaître les Berbères. Leurs dialectes sont en pleine vitalité au Maroc.
On parle le Chleuh, non seulement au fond de 1'Atlas et du Sous, mais dans toutes les villes où les Chleuh forment des essaims nombreux. C'est un instrument d'expression de belle qualité. S'il en était autrement, aurait-il survécu à travers les siècles, sans écriture pour le fixer et malgré tant d'aventures?
Cherchons donc à en trouver le plus de textes possible. Il en existe, oeuvre de tolbas berbères qui se sont servis pour transcrire leur langage des caractères arabes, avec quelques modifications.
Cest d'un de ces manuscrits qu'on donne ici la traduction. Il est écrit tantôt en arabe, tantôt en chleul. L'auteur de ce manuscrit voulu donner une idée de la poésie berbère. Il commence par faire léloge de la poésie. Puis il raconte de petites histoires au court desquelles il place habilement des vers chleub qui dans leur concision donnent, si le mot ne parait pas trop gros, quelques traits de la philosophie de ces Berberes .
Ses citations sont presque toutes empruntées au poète fameux Sidi Hammou « le soufre rouge » , comme il dit avec une naïve emphase, «aussi célèbre chez les Berbères que le furent chez les Arabes Imroulqais et Nabigha Dboubiani ».
On a cru utile de publier en entier le texte de ce petit manuscrit, Après avis de M.Gandefroy-Dernombynes , qui nous a donné de très utiles conseils.. Pour la partie arabe, qui est écrite en langue lettrée, une traduction suffit; mais il est nécessaire de donner aussi une transcription de la partie berbère ; on a suivi les mêmes règles simples que dans quelques travaux antérieurs.
Rabat, avril 1926
à suivre : textes berbères, traduction, etc..
Daprès un manuscrit Arabico-Berbère
Publiées et traduites par : L. JUSTINARD
I- Notice et sommaire:
Le manuscrit dont on donne ici la traduction, apporté à Tiznit en 1919 par le Chérif Moulai Aomar d'Ouijjane, est I' uvre dun taleb des Ida ou Bakil. Cette grande tribu berbère qui s'allonge à I'Est de Tiznit depuis la plaine d'Azaghar jusqu'à la crête de I'Anti-Atlas, fait partie de la confédération des Ida Oultit, de même que la tribu voisine des Ida ou Semlal.
Le dialecte chleuh de ce manuscrit est donc très spécialement celui des Ida ou Semlal pour lequel nous possédons un instrument d'étude incomparable dans le vocabulaire français-arabe de M.Destaing. En souhaitant ici que le savant professeur de l'école des langues orientales vivantes puisse nous donner I'étude densemble dont ce vocabulaire est la première partie, on exprime le voeu unanime de tous ceux qui s'intéressent aux études berbères.
Au Maroc, ces études, poussées très activement depuis les débuts de l'occupation française, ont fait un immense progrès. Tous les dialectes ont été l'objet de travaux spéciaux grâce auxquels leur étude est main tenant chose facile.
Mais 1'étude d'une langue n'est pas seulement un but. Elle doit être aussi un moyen. Une langue n'est pas seulement une mécanique curieuse à examiner. C'est une clef qui doit servir à ouvrir une porte. La connaissance des dialectes berbères devrait nous servir de plus en plus maintenant à connaître les Berbères. Leurs dialectes sont en pleine vitalité au Maroc.
On parle le Chleuh, non seulement au fond de 1'Atlas et du Sous, mais dans toutes les villes où les Chleuh forment des essaims nombreux. C'est un instrument d'expression de belle qualité. S'il en était autrement, aurait-il survécu à travers les siècles, sans écriture pour le fixer et malgré tant d'aventures?
Cherchons donc à en trouver le plus de textes possible. Il en existe, oeuvre de tolbas berbères qui se sont servis pour transcrire leur langage des caractères arabes, avec quelques modifications.
Cest d'un de ces manuscrits qu'on donne ici la traduction. Il est écrit tantôt en arabe, tantôt en chleul. L'auteur de ce manuscrit voulu donner une idée de la poésie berbère. Il commence par faire léloge de la poésie. Puis il raconte de petites histoires au court desquelles il place habilement des vers chleub qui dans leur concision donnent, si le mot ne parait pas trop gros, quelques traits de la philosophie de ces Berberes .
Ses citations sont presque toutes empruntées au poète fameux Sidi Hammou « le soufre rouge » , comme il dit avec une naïve emphase, «aussi célèbre chez les Berbères que le furent chez les Arabes Imroulqais et Nabigha Dboubiani ».
On a cru utile de publier en entier le texte de ce petit manuscrit, Après avis de M.Gandefroy-Dernombynes , qui nous a donné de très utiles conseils.. Pour la partie arabe, qui est écrite en langue lettrée, une traduction suffit; mais il est nécessaire de donner aussi une transcription de la partie berbère ; on a suivi les mêmes règles simples que dans quelques travaux antérieurs.
Rabat, avril 1926
à suivre : textes berbères, traduction, etc..
