Les plantes aromatiques et médicinales intéressent l’USAID

Dans le cadre de son projet «Partenariats agricoles pour
la productivité et la prospérité» (AP3), l’Agence américaine pour le développement international (USAID) organise une deuxième rencontre d’information sur le thème «Développement de la filière des plantes aromatiques et médicinales et mécanismes de valorisation des produits».

L'informel, le manque de matériels, la mauvaise gestion et surtout l'absence d’une stratégie nationale globale ainsi que les dettes qui alourdissent l’agriculteur, sont les principaux obstacles qui freinent le secteur des plantes aromatiques et médicinales. Par conséquent, la productivité se trouve touchée par ces problèmes. Ainsi, si le secteur des plantes aromatiques et médicales (PAM) occupe une grande superficie avec 1.000 espèces de PAM différentes, seulement 250 sont actuellement exploitées. Et pourtant, "le marché européen absorbe, à lui seul, 68% des exportations marocaines suivi par les Etats-Unis avec 11,5%", précisent les responsables de l'USAID.

Les rencontres organisées par l’Agence américaine pour le développement international s’inscrivent dans un programme de sensibilisation des acteurs de la filière des plantes aromatiques et médicinales, afin de leur présenter différents mécanismes de valorisation de leurs produits. L’objectif est de promouvoir cette filière au Maroc et de renforcer la collaboration entre ses différents intervenants. En effet, après une première rencontre, destinée aux ONG, qui a eu lieu mardi 7 mars courant, une seconde réunion, destinée aux universitaires, se tiendra jeudi 16 mars 2006 à 10h, à l’hôtel Ibis-Rabat.

L’ USAID propose ainsi de réunir toutes les deux semaines, durant les quatre prochains mois, l’un des groupes suivants : journalistes, décideurs, ONG, organismes de financement, parlementaires et universitaires.

Son principal but est de contribuer à élargir la sensibilisation à la nécessité de mettre en place une stratégie nationale de développement du secteur des plantes aromatiques et médicinales. Cette stratégie assurerait plus de sécurité aux professionnels et encouragerait les investissements, tout en protégeant le patrimoine végétal national.

En septembre 2005, le projet AP3 a déjà organisé, à Fès, un atelier de planification nationale intitulé «Valorisation des plantes aromatiques et médicinales : qualité supérieure et nouveaux marchés». En janvier 2006 à Oujda, le même projet a également animé un autre atelier régional intitulé «Certification biologique d’un domaine forestier de l'Oriental», auquel de nombreux professionnels du secteur ont activement participé, y compris des entrepreneurs et industriels venus des Etats-Unis et d’Europe.

Comment prépare-t-on les plantes ?

La phytothérapie est une médecine qui utilise les plantes ayant des propriétés thérapeutiques (ou plus précisément la "partie active" de ces plantes).

L'utilisation des plantes thérapeutiques remonte à la nuit des temps mais de nos jours, il n'est plus question de les cueillir à l'état sauvage, ceci tant pour la survie des espèces sauvages que pour le choix précis de l'espèce botanique la plus riche en principes actifs. Une fois les plantes cueillies, on procède à l'extraction par différentes méthodes. Les extraits pourront ensuite être administrés sous forme de géélules, infusions, extraits, etc...

* Macération : on laisse les plantes macérer dans de l'eau tiède une période variant de 12 heures à 15 jours en fonction du type de plante.

* Infusion: On verse de l'eau bouillante sur les plantes émiettées et on laisse reposer 10 à 15 minutes avant de boire à petites gorgées.

* Décoction: les plantes émiettées sont bouillies pendant 5 à 10 minutes, puis on laisse refroidir jusqu'à une température buvable. On filtre et ensuite, on peut boire.

* Teinture mère : Macération de la poudre de la plante séchée dans de l'alcool à 40°, 60°, 80°., avec un appareillage spécial.

* Poudre totale : obtenue par cryobroyage, c'est à dire en pulvérisant la partie active de la plante sèche en la broyant à froid sous azote liquide, à -196°. La poudre totale est vendue en gélules.

* Extraits : Les extraits ont une consistance plus épaisse que la teinture. Ils sont obtenus en traitant la plante broyée avec de l'eau, de l'alcool ou de l'héter. Les extraits secs sont des extraits dont on a fait évaporer presque toute l'eau et qui ont été réduits en poudre.

Nadia Ziane
Liberation