LES TATOUAGES BERBÈRES DANS L'AURÈS
Par : T. Rivière & J. Faublée
Thérèse Rivière avait publié une étude sur les tatouages des Aurasiens, avec ma collaboration, dans le Journal de la Société des Africanistes (t. XII, p. 67-80, avec 1 pl.), en 1942, cinq ans après la fin de sa première mission, il y a maintenant 50 ans. J'estime que cette étude de*****ive, remontant aujourd'hui à un demi-siècle, mérite d'être rééditée. A part quelques modifications de détail, j'ai respecté le texte de 1942 (J.-F).
Parmi les populations berbérophones d'Afrique du Nord les habitants de lAurès constituent un groupe caractérisé par son isolement dans ce massif montagneux encadré par les Hauts Plateaux algériens et le nord du Sahara, domaines de nomades arabisés. Indiquons d'abord les, rapports des Aurasiens avec leurs voisins et ceux entre groupes berbères pour comprendre la répartition des tatouages selon les régions et déterminer les collectivités traditionalistes parmi lesquelles nous espérons trouver les usages les mieux conservés.
LAurès, bloc montagneux accidenté, tout en ayant été un centre de résistance berbère, a subi des influences étrangères.
Les Romains y ont pénétré, à partir de Timgad et de Lambèse, puisquil y a des ruines dans toutes les vallées. Les pierres des moulins à huile antiques sont nombreuses sur les rives de l'oued Getan. Au XIXe siècle, les habitants de quelques villages du bassin de l'oued Abdi se croyaient descendants de Romains, selon Masqueray.
Des nomades, de langue arabe, lors de leurs déplacements annuels entre le Sahara et les Hautes Terres, descendent et montent le passage de l'oued Abiod, appelé Rasira dans sa partie basse.
Dans le sud-est, les Serahna et les erfa, semblables aux autres Aurasiens, parlent arabe et se proclament d'origine arabe.
Dans le sud-ouest du massif, les familles dispersées d'Uled Zian, semblent bien de souche arabe.
En outre, des colporteurs kabyles parcourent tout le pays, avec des ânes chargés de pacotille, qu'ils échangent parfois avec des femmes contre des oeufs.
Par ailleurs, les hommes du sud de l'Ahmar Khaddu descendent, de temps à autre, au marché de la petite ville de Zribet el Oued. Des nomades apportent du sel du Sahara pour l'échanger contre des céréales et des fruits secs.
Dans l'Aurès, des rapports fréquents associent les diverses tribus. Au sud de l'Ahmar Khaddu, il n'y a, chez les Beni Melkem, Uled Yub, Uled Zerara, Uled Sliman ben Aisa et Uled Abderrahman, ni commerçants installés à demeure, ni moulins à eau. Ne recevant la visite que de colporteurs kabyles aux tarifs élevés, les hommes de ces groupes se rendent fréquemment dans la vallée de l'oued Rasira où ils trouvent Beni bu Sliman, Rasira, Uled Aεalawi et Beni Ahmed. Là, ils achètent dans les boutiques tissus, bijoux et chaussures.
Leurs femmes ne pouvant moudre tout le grain avec leurs meules à main, c'est également là qu'ils en font écraser une partie. Ils échangent le reste des céréales avec les Beni bu Sliman contre des piments, des oignons et de l'ail.
N'ayant quelques palmeraies de montagne, ils fournissent de l'orge aux Rasira qui ont une palmeraie dans la vallée encaissée et chaude.
Les tribus du centre possèdent au Sahara des terres de culture, vers lesquelles elles descendent par familles entières en traversant les territoires de leurs voisins du sud. En cas de sécheresse prolongée, les groupes du midi et du milieu du massif mènent leurs troupeaux de moutons et de chèvres jusqu'aux régions mieux arrosées d'Imul et de l'oued Taga. Ils y rencontrent les gens du nord-ouest: Tuaba ou Uled Daud et Abdawi.
A l'extrême sud-est, les Serahna et les erfa, qui parlent arabe, épousent fréquemment des membres des tribus du sud de lAhmar Khaddu.
Chaque année le pèlerinage au Djebel Bus, occasion des marchés annuels, amène des gens du sud jusqu'à cette montagne à travers les vallées des oueds Ghasira, Abdi et Buzina.
Source: Études et Documents Berbères, 6, 1989: pp. 60-63
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Il sagit de la première partie de cet article, sur le tatouage en Aurès. Cette partie pourrait bien sintituler Introduction ou en utilisant les mots de lauteur- Rapports des Auresiens avec leurs voisins et ceux entre groupes berbères.
Le reste de larticle contient les paragraphes suivants qui seront postés ultérieurement:
- Similarité des tatouages en Aurès
- Procédure et technique du tatouage
- les motifs et les symboles
- le tatouage curatif et préventif
etc
(à suivre)
Par : T. Rivière & J. Faublée
Thérèse Rivière avait publié une étude sur les tatouages des Aurasiens, avec ma collaboration, dans le Journal de la Société des Africanistes (t. XII, p. 67-80, avec 1 pl.), en 1942, cinq ans après la fin de sa première mission, il y a maintenant 50 ans. J'estime que cette étude de*****ive, remontant aujourd'hui à un demi-siècle, mérite d'être rééditée. A part quelques modifications de détail, j'ai respecté le texte de 1942 (J.-F).
Parmi les populations berbérophones d'Afrique du Nord les habitants de lAurès constituent un groupe caractérisé par son isolement dans ce massif montagneux encadré par les Hauts Plateaux algériens et le nord du Sahara, domaines de nomades arabisés. Indiquons d'abord les, rapports des Aurasiens avec leurs voisins et ceux entre groupes berbères pour comprendre la répartition des tatouages selon les régions et déterminer les collectivités traditionalistes parmi lesquelles nous espérons trouver les usages les mieux conservés.
LAurès, bloc montagneux accidenté, tout en ayant été un centre de résistance berbère, a subi des influences étrangères.
Les Romains y ont pénétré, à partir de Timgad et de Lambèse, puisquil y a des ruines dans toutes les vallées. Les pierres des moulins à huile antiques sont nombreuses sur les rives de l'oued Getan. Au XIXe siècle, les habitants de quelques villages du bassin de l'oued Abdi se croyaient descendants de Romains, selon Masqueray.
Des nomades, de langue arabe, lors de leurs déplacements annuels entre le Sahara et les Hautes Terres, descendent et montent le passage de l'oued Abiod, appelé Rasira dans sa partie basse.
Dans le sud-est, les Serahna et les erfa, semblables aux autres Aurasiens, parlent arabe et se proclament d'origine arabe.
Dans le sud-ouest du massif, les familles dispersées d'Uled Zian, semblent bien de souche arabe.
En outre, des colporteurs kabyles parcourent tout le pays, avec des ânes chargés de pacotille, qu'ils échangent parfois avec des femmes contre des oeufs.
Par ailleurs, les hommes du sud de l'Ahmar Khaddu descendent, de temps à autre, au marché de la petite ville de Zribet el Oued. Des nomades apportent du sel du Sahara pour l'échanger contre des céréales et des fruits secs.
Dans l'Aurès, des rapports fréquents associent les diverses tribus. Au sud de l'Ahmar Khaddu, il n'y a, chez les Beni Melkem, Uled Yub, Uled Zerara, Uled Sliman ben Aisa et Uled Abderrahman, ni commerçants installés à demeure, ni moulins à eau. Ne recevant la visite que de colporteurs kabyles aux tarifs élevés, les hommes de ces groupes se rendent fréquemment dans la vallée de l'oued Rasira où ils trouvent Beni bu Sliman, Rasira, Uled Aεalawi et Beni Ahmed. Là, ils achètent dans les boutiques tissus, bijoux et chaussures.
Leurs femmes ne pouvant moudre tout le grain avec leurs meules à main, c'est également là qu'ils en font écraser une partie. Ils échangent le reste des céréales avec les Beni bu Sliman contre des piments, des oignons et de l'ail.
N'ayant quelques palmeraies de montagne, ils fournissent de l'orge aux Rasira qui ont une palmeraie dans la vallée encaissée et chaude.
Les tribus du centre possèdent au Sahara des terres de culture, vers lesquelles elles descendent par familles entières en traversant les territoires de leurs voisins du sud. En cas de sécheresse prolongée, les groupes du midi et du milieu du massif mènent leurs troupeaux de moutons et de chèvres jusqu'aux régions mieux arrosées d'Imul et de l'oued Taga. Ils y rencontrent les gens du nord-ouest: Tuaba ou Uled Daud et Abdawi.
A l'extrême sud-est, les Serahna et les erfa, qui parlent arabe, épousent fréquemment des membres des tribus du sud de lAhmar Khaddu.
Chaque année le pèlerinage au Djebel Bus, occasion des marchés annuels, amène des gens du sud jusqu'à cette montagne à travers les vallées des oueds Ghasira, Abdi et Buzina.
Source: Études et Documents Berbères, 6, 1989: pp. 60-63
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Il sagit de la première partie de cet article, sur le tatouage en Aurès. Cette partie pourrait bien sintituler Introduction ou en utilisant les mots de lauteur- Rapports des Auresiens avec leurs voisins et ceux entre groupes berbères.
Le reste de larticle contient les paragraphes suivants qui seront postés ultérieurement:
- Similarité des tatouages en Aurès
- Procédure et technique du tatouage
- les motifs et les symboles
- le tatouage curatif et préventif
etc
(à suivre)
