ForgotPassword?
Sign Up
Search this Topic:
Aller au forum...
Posts: 336
Jul 19 13 7:58 PM
Divers- les analyses de Lionel Galand
Â
C’est un extrait relatif Ă l’étymologie du vocable « aures ». Il provient de l’article de Lionel Galand …..Bonne lecture. ------------------------ Il serait superflu de rĂ©pĂ©ter ici les donnĂ©es qui ont Ă©tĂ© rĂ©unies et discutĂ©es dans plusieurs sections de l'article « Aurès » de l’EncyclopĂ©die berbère. J'ajouterai seulement quelques observations, en ne considĂ©rant que la forme des noms, sans chercher Ă savoir (si importante que soit la question) s'ils recouvrent une mĂŞme population ou des groupes homonymes, comme on en connaĂ®t en Afrique du Nord. Les appellations Aurasion, Aurasius ont fait l'objet d'un double rapprochement intĂ©ressant: d'une part avec le nom des Maures, d'autre part avec celui de Abaritana (ou Auaritana) regio, mentionnĂ©e au Ve siècle par l'Ă©vĂŞque Quoduultdeus de Carthage (auteur probable du texte), puis par Victor de Vita. La forme berbère Awras, qu'on retrouve chez les auteurs arabes, est construite sur une racine w r s, le terme « racine » dĂ©signant simplement l'armature consonantique du mot, sans prĂ©tention Ă l'Ă©tymologie. Comme le rappelle Leveau, l'association de Awras, Aurasion, Aurasius avec le grec Maurousioi, autorisĂ©e par la frĂ©quence du formant m dans le vocabulaire libyco-berbère, aurait l'avantage d'expliquer la sifflante s du nom grec. Mais alors c'est la forme sans s, en grec MaĂ»roi, en latin Mauri, qui ferait problème, surtout si l'on admet avec Strabon qu'elle rĂ©pond aussi Ă la forme indigène. Le problème est donc centrĂ© sur le statut de s : s'agit-il d'une dĂ©sinence, ajoutĂ©e (par quelle langue ?) Ă des noms de racine w r, d'oĂą Maurousioi, et considĂ©rĂ©e ensuite comme faisant partie du radical ? ou bien est-ce, Ă l'inverse, une consonne de la racine w r s, traitĂ©e ensuite comme une simple dĂ©sinence et Ă©liminĂ©e dans certains cas, d'oĂą Abaritana / Avaritana [awaritana] (la correspondance b/v est banale) ? On connaĂ®t des cas de dĂ©sinence s, ainsi dans le nom de Sitifis, aujourd'hui SĂ©tif, dont la racine, encore vivante et vĂ©hiculant la notion de « noir », doit ĂŞtre s d' f (d' reprĂ©sente un d « emphatique »). Mais on n'a aucun exemple, ancien ou moderne, dans lequel cette dĂ©sinence fonctionnerait comme une radicale. Il est donc plus probable que la seconde rĂ©ponse est la bonne : Ă partir d'une racine trilitère w r s, l'analogie de dĂ©sinences en (i)s a pu entraĂ®ner une rĂ©interprĂ©tation et le remplacement de is par le suffixe courant -itanus, ce qui expliquerait Abaritana. Il semble pourtant difficile d'Ă©tendre la mĂŞme analyse Ă un nom aussi ancien et aussi rĂ©pandu que Mauri, ce qui imposerait d'admettre qu'il a purement et simplement perdu s. L'appellation Mauri ne serait donc pas Ă rattacher Ă Awras et la consonne s de la forme grecque MauroĂ»sioi appellerait une autre explication. Notons encore qu'une armature w r s est prĂ©sente dans d'autres noms, comme l'ethnique Vrusitana ou les noms de divinitĂ©s rĂ©gionales Varsutina et Varsissima, mais l'Ă©lĂ©ment Vr ou Var Ă©tant ici placĂ© Ă l'initiale, il n'est pas sĂ»r que ces noms aient un rapport avec Awras. Il est tentant de rechercher si une racine w r s existe encore. Chaker, rappelant que le schème du mot (aCCaC) est bien connu en berbère et qu'il fournit des noms ou des adjectifs de couleur, dont awras « (cheval) bai » (Maroc central), pense que Awras pourrait faire rĂ©fĂ©rence Ă la couleur « fauve », « roussâtre » de la montagne. Il s'agit naturellement d'une hypothèse. ------------------------ En rĂ©sumĂ©, si on tient compte de l’évolution de la langue berbère Ă travers des siècles, on constatera bien que tous les "efforts Ă©tymologiques", des auteurs contemporains, convergent vers "l'explication" du gĂ©ographe andalou du 11e siècle: el-Bekri. Voyez son explication dans l'un des messages antĂ©rieurs de ce thème. Â
Interact
Signets