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Posts: 336
May 10 13 3:30 PM
awras wrote:On a déjà vu la première partie de ce travail : « La langue berbère dans la commune mixte de Barika ». C’est cette partie de l’étude qui est la plus complète, car l’auteur traite deux sujets distincts, à savoir : - La disparition partielle et la dispersion de la langue tamazight dans l'ancienne commune de Barika. - Le vocabulaire bovin utilisé dans la même région ( c'est une étude linguistique) 'ailleurs ces deux sujets ont été commentés lors des messages précédents de ce thème. Quant à la deuxième partie de l'article elle est intitulée : « Le berbère dans la commune mixte de Guergour ». Contrairement à la section de la région de Barika, celle de Guergour n'intègre aucune étude linguistique. L'auteur se contente d'une analyse relative à la dispersion de la tamazight dans les quatorze douars de la commune de Guergour en 1945. Référence & URL : Plault M., « Études berbères », Revue africaine, 1946, pp.194-207. (Statistiques + Cartes des deux communes en 1945) Plault M., « Études berbères : Le berbère dans la commune mixte de Geurgour », Revue africaine, 1946, pp.194-202. (Pour le téléchargement de la deuxième partie seulement)  Bonne lecture.
C’est cette partie de l’étude qui est la plus complète, car l’auteur traite deux sujets distincts, à savoir :
- La disparition partielle et la dispersion de la langue tamazight dans l'ancienne commune de Barika. - Le vocabulaire bovin utilisé dans la même région ( c'est une étude linguistique)
'ailleurs ces deux sujets ont été commentés lors des messages précédents de ce thème.
Quant à la deuxième partie de l'article elle est intitulée : « Le berbère dans la commune mixte de Guergour ». Contrairement à la section de la région de Barika, celle de Guergour n'intègre aucune étude linguistique. L'auteur se contente d'une analyse relative à la dispersion de la tamazight dans les quatorze douars de la commune de Guergour en 1945.
Référence & URL :
Plault M., « Études berbères », Revue africaine, 1946, pp.194-207. (Statistiques + Cartes des deux communes en 1945)
Plault M., « Études berbères : Le berbère dans la commune mixte de Geurgour », Revue africaine, 1946, pp.194-202. (Pour le téléchargement de la deuxième partie seulement) Â
Bonne lecture.
Le deuxième volet de ce thème sera consacré à "la dispersion de la langue berbère en Algérie : Les raisons de sa progression ou de sa régression face à la langue arabe, en 1910-1911". On verra les analyses et la répartition de la tamazight dans les régions suivantes : Guelma, Aïn-Beida, Meskiana, Sedrata, Souk Ahras, Tebessa, etc. Ces analyses sont notamment celles des Administrateurs de ces régions, en 1911, combinées avec celles des Officiers des Affaires Indigènes de la même époque coloniale. Elles contiennent entre autres des relevés des noms des tribus et des villages, des statistiques sur la population arabophone et berbérophone de ces régions, les facteurs influant sur la tamazight, les prévisions, etc. Un exemple de ces analyses est déjà en ligne. Il s’agit de celui de la commune de Barika et ses douars de Gosbate, Ouled-Si-Slimane et Sefiane (Cf. l’un des messages précédents ou à le télécharger ici en format pdf & texte OCR) Un autre exemple de ces analyses est celui du message d’aujourd’hui, qui d’ailleurs complète assez bien l’article de M. Plault : Études berbères dans les communes de Barika et de Guergour, en 1945. À l’instar de la région de Barika, le rapport « Enquête sur la dispersion de la langue berbère en Algérie » impute la régression, de la tamazight dans la commune de Guergour, aux deux facteurs principaux : l’économie et la religion. (Les analyses contiennent aussi d’autres points communs à toutes les régions berbérophones) Voici les détails de cette section du Rapport et ….Bonne lecture (Disponible aussi en format pdf + texte OCR)
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I – Les analyses des OAI de la commune de Guergour (pages 21-23 du Rapport): « Tout d'abord il importe de faire remarquer que le dialecte berbère a une tendance très marquée, sinon à disparaître complètement, tout au moins à être remplacé par la langue arabe pour les raisons suivantes. La situation géographique des douars kabyles n'a pas permis à ses habitants d'échapper, comme l'ont fait leurs frères du Djurdjura, à la domination turque. Alors que ces derniers restaient indépendants et n'acceptaient de la loi islamique que ses prescriptions religieuses, les indigènes du Guergour reconnaissaient le Coran et embrassaient d'une façon générale les doctrines malékites. Or, l'arabe est la langue du prophète et c'est dans cette langue que sont dites toutes les prières. L'arabe est d'autre part seul employé dans les écoles coraniques fréquentées par les Kabyles. Avant la conquête de l'Algérie, les Berbères avaient été refoulés dans les montagnes par les Turcs. Une grande rivalité régnait entre les deux peuples qui n'avaient aucune relation, de sorte que chacun d'eux parlait la langue qui lui était propre. Aujourd’hui les choses ont bien changé. Grâce à la sécurité qui règne dans le pays, aux moyens de communication qui se développent de plus en plus, l'Arabe et le Kabyle sont en contact journalier. C'est ainsi que dans la région berbère des centres commerciaux, quelquefois très importants, comme le marché des Beni-Ourtilane, par exemple, se sont créés. Des Arabes des régions de Sétif, Barika, N'Gaous, etc., viennent sur ce point échanger leurs céréales et autres produits contre les figues et l'huile que leur vendent les Kabyles. On est naturellement amené à se demander pourquoi c'est la langue arabe qui, peu à peu remplace et fait disparaître le dialecte berbère. Les raisons en sont nombreuses : Le dialecte kabyle ne s'écrit pas. Il est beaucoup plus utile aux Kabyles d'employer l'arabe, non seulement dans leurs conversations, mais surtout dans toutes leurs relations commerciales et pour la tenue de leurs comptes. D'autre part, c'est le Kabyle qui a besoin de l'arabe et qui va le trouver dans son pays. La région kabyle est pauvre et ne produit pas suffisamment pour faire vivre ses habitants. Ces derniers, à époque fixe, se rendent dans les immenses plaines fertiles habitées par les Arabes où ils sont employés aux divers travaux agricoles et où ils se livrent au commerce et à l'industrie. Pour cela, ils ont été obligés d'apprendre la langue de ceux qui les emploient. C'est ce qui explique que dans tous les douars kabyles, sauf ceux de Ras-Tala-Tinzar, Bousellam et Beni- Maouche, suffisamment prospères, la langue arabe est employée aussi souvent que le dialecte berbère. Ce dialecte, lui-même, à la longue, a subi une véritable altération et n'est pas le même que celui employé dans le Djurdjura. On y rencontre de nombreux mots et expressions arabes. Dans les douars Tala-Tfacène et Dra-Kabila qui ont, ainsi que je l'ai dit plus haut, une origine manifestement kabyle, ce dialecte a presque complètement disparu. Est-ce à dire que le dialecte kabyle est complètement remplacé par la langue arabe dans la commune mixte du Guergour ? — Assurément non. Si cette dernière langue a été adoptée par les berbères comme plus utile à leurs relations commerciales et sociales, il n'en est pas de même au sein de leur famille. Les femmes kabyles, en général, ne parlent et n'entendent que leur dialecte, et ceci est- un obstacle important aux progrès de la langue arabe. Toutefois de nombreux mariages commencent à se contracter entre les deux peuples et le temps n'est peut-être pas éloigné où, en ce qui concerne la commune mixte du Guergour, le Berbère aura presque disparu pour faire place à l'Arabe qui a su déjà s'imposer dans la plupart des douars concurremment avec le dialecte kabyle. » II – Les analyses de l'Administrateur de la commune de Guergour (pages 66-67 du Rapport) « Il semble que ce soit plutôt la religion qui propage l'arabe, que l'arabe la religion; en effet, même dans les douars essentiellement kabyles, les jeunes indigènes sont réunis à différentes heures de la journée par des taleb chargés de leur apprendre le Coran; mais les résultats ne sont pas merveilleux, car il n'est pas rare de trouver de jeunes indigènes récitant parfaitement certains versets du Coran, incapables de tenir une conversation en arabe : à mon avis, la seule raison qui a permis à l'arabe de se propager chez les populations berbères, c'est le besoin qu'ont eu ces dernières à un moment donné d'avoir recours à l'arabe, de se faire comprendre par lui afin de permettre l'écoulement de leurs produits. Quant aux cas sur lesquels vous attirez mon attention, savoir que dans certaines régions de la Kabylie, les populations dont la langue maternelle est l'arabe apprennent à l'âge adulte le berbère, ils se rencontrent assez fréquemment en effet dans les douars Tala-Ifacène et Dra-Kebila, mais il faut dire que ces douars étaient autrefois purement kabyles (leur dénomination et les noms sous lesquels sont connues les propriétés qui s'y trouvent en sont la preuve) et que dans cette région la majorité des indigènes parlent le kabyle. Dans les douars Ras-Tala-Tinza, Bou-Sellam, Beni-Maouche et Tigounatine, la langue kabyle est la seule employée, nombreux indigènes cependant comprennent l'arabe mais préfèrent s'exprimer en kabyle, c'est ainsi que les membres des djemaa, dont certains écrivent même l'arabe, discutent et délibèrent toujours en berbère. » -----------------------
À suivre: - Le compte-rendu du rapport d’enquête de Doutté et Gautier sur la tamazight en Algérie (sa dispersion, sa régression face à l’arabe, les raisons de l’arabisation de la population, etc.) - La répartition et la régression de la tamazight dans diverses communes (autre que Guergour et Barika) -Etc.
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