awras wrote:


1- Les villages de Timsunin:  plusieurs autres villages, de la région de Timsunin, n'ont pas été cités dans l’article de M. Cibot, voici quelques-uns: Tamtelt Taghzout ( Taghzut), Tazagart ( Tasagert), etc. Ils seront utiles pour les études toponymiques prévues prochainement. 

2- La région des Ighusar

I) La légende fondatrice des Ighusar : ce type de tradition n’est pas spécifique à la région de Ghassira, car on trouve des récits semblables dans la majorité des régions aurésiennes et à travers la Tamazgha. Certains sont d’ordre généalogique, d’autres remontent seulement à la fondation de nos villages. 

Ces récits ont été narrés par nos aïeux et transmis, à travers les âges, d’une génération à une autre jusqu'aujourd’hui, où ils sont fixés définitivement par écrit. Par conséquent, n'en déplaise aux cancres et aux ignorants, ces légendes font partie intégrante de notre héritage ancestral et de notre richesse culturelle! 

Je suis certain que ce n’est pas notre patrimoine culturel qui dérange et effraie certains loufoques, mais plutôt leur ignorance, leur mauvaise foi, leur bévue et leur interprétation erronée de ces légendes relatées sous forme allégorique.

De toute façon je tenterai de développer ce sujet une autre fois, mais pour le moment, disons tout simplement que la légende fondatrice la plus répandue dans la région est celle de Bourk le roumain ou Bourki l’aveugle.



II) Les villages des Ighusar : 

M. Cibot fait allusion aux 12 villages de la région de Ghassira, sans toutefois les nommer explicitement. Ces noms ne sont pas seulement utiles à ceux qui ne connaissent pas la région, mais ils sont aussi essentiels pour les études toponymiques berbères.

Les cartes routières ne sont pas d’un grand secours, car elles font ressortir une caractéristique bien particulière à cette région. En effet, plusieurs  villages des Ighusar portent les noms des fractions qui les habitent. Exemples : 
Ouled Abed - c’est le nom du village ET de la tribu, idem pour les autres villages- 
Ouled Idir, 
Ouled Ouriache, 
Ouled Bou-3oukkaz, 
Oueld Ben Khelil 
Ouled Si Ahmed, 
Ouled Fatah, 
Ouled Yahia, 
Ouled Mimoun, 
Ouled Mansour,
Etc. 
Donc, à première vue, on penserait que ces dénominations sont plus utiles à l’onomastique qu’à la toponymie. Cependant, en cherchant un peu plus on constate qu’on peut décomposer les appellations de ces « grosses agglomérations » en plusieurs hameaux ou petits villages ayant des noms bien distincts de ceux des groupes qui les habitent. Voyons les cas suivants :

A) Les villages créés par utilité et commodité : c’est par utilité et commodité que les habitants de Ghassira ont délaissé, peu à peu, les « grosses agglomérations » ou les villages principaux, d’accès difficiles et aux emplacements purement défensifs, pour s’installer dans des mechtas (villages d’hiver) situées dans des lieux plus confortables, en bordure des palmeraies, près de l’eau et des jardins.
Au début, ces mechtas servaient uniquement à des séjours temporaires, durant la saison de la récolte des dattes, mais avec le temps, plusieurs Ighusar ont pris l'habitude de les habiter d’une façon permanente, hiver comme été. 
Aujourd’hui, ces nouveaux villages portent des noms bien distincts de leurs tribus. Citons entre autres :
Les Mechtas du Village des Ouled Yahia: AnzatenFrirghou (Cf. Note), etc. 
Ouled Mimoun : Kef-nouhIdaren, etc. 
Ouled Mansour: TimilalTicheltInourarIzelghanSelloum, etc.

B) Villages créés par obligation et contrainte : contrairement au cas précédent, c’est par contrainte que les Ahl Ghoufi ont quitté leur village. 
En effet, à la suite de l'insurrection de 1859, le village de Ghoufi, situé sur la rive gauche de l’Ighzer Amellal, fut bombardé par la France coloniale, incendié et entièrement détruit. Les survivants furent bannis, condamnés à l'expulsion et à l'expropriation de leurs biens (tous les jardins et terres cultivables). 
Après des décennies d’errance, l’administration coloniale les autorisa à revenir et à reconstruire. Au lieu de rebâtir l’ancien village incendié de Ghoufi, ils optèrent pour conserver ses ruines comme témoins des crimes horribles de la France coloniale, ses crimes contre l’humanité. À sa place, ils édifièrent quatre nouveaux villages qu'ils habitent depuis, ce sont: AlaouaTaouriaTaourirt et Bou-Ali

Comme je l’avais mentionné précédemment, on ne trouve pas ces noms sur toutes les cartes, cependant plusieurs les confondent avec Ghoufi. Or, ce dernier n’a jamais été rebâti, en principe il n’existe plus. 
Administrativement parlant, c’est le village de Taourit situé sur la rive droite de l’Ighzer Amellal, juste en face du village détruit par la France coloniale et dont les décombres réclament encore justice, qui par sa proximité et par extension a pris l’ancien nom de Ghoufi

C) Autres villages TifelfalSaghidaF-OurtiniTaghit n Ouled Hellal, Dinar
Aïn TimeghriwinAïn KerkarRanda, Messaouda, Belaâli, Kef Laârous, Hiza, Tahamamt, Tabaâlit, Mezeghnan  (Cf. Note), etc.

III- Le droit coutumier des Ighusar : (à suivre)

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Note: La liste n’est pas exhaustive et ce thème est susceptible à des modifications, corrections et nouveaux apports.



Edited 1 time by awras Oct 26 12 7:04 PM.