Les Kotama occupaient la Petite Kabylie, c'est à dire la Kabylie actuellement arabophone (les populations sont désignées par le vocable "Qbayel hder", la Kabyles citadins, en opposition aux "Qbayel nnighas", les Kabyles ruraux - "nnighas" du verbe dire, je lui ai dit), à l'est du massif des Babors et à l'ouest du massif de Collo, limitée au sud par les Hautes plaines constantinoises.
"Les Kotama, écrit Ibn Khaldoun, n'eurent jamais à souffir le moindre acte d'oppression de la part des Aghlabides." C'est que Kairouan se reconnut incapable de s'aventurer sur un terrain dont elle ne maîtrise pas la relief montagneux et boisé. Les Kotama nourrissaient à l'égard des conquérants arabes "une hostilité spontanée" (Ch.-A. Julien) qu'ils manifestaient en accueillant les rebelles.
Quand ils ont traduit cette hostilité à l'égard de Kairouan par une opposition religieuse organisée, elle prit le caractère d'un conflit violent où sombra la dynastie aghlabide.
Les Kotama allèrent plus à l'est et fondèrent le Caire sous le nom de combattants fatimides (ceux qui se réclament du chi'isme kharédjite à la suite de l'assassinat de l'imam Ali.

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